Le salarié qui a signé un contrat de travail contenant une clause de non concurrence nulle subit nécessairement un préjudice qui doit être indemnisé.
Dès l’instant où une clause de non concurrence est considérée comme nulle dans sa rédaction et dans son application, elle entraîne nécessairement un préjudice au salarié, quand bien même ce dernier ne peut prouver l’existence d’un préjudice, qu’il n’a pas été empêché de reprendre un emploi totalement similaire chez un concurrent ou encore qu’il est encore présent dans l’entreprise.
Employeur attention : la clause de non concurrence est une clause non obligatoire, réservée à un certain type de salarié, devant être rédigé par un professionnel du droit. Les juges en font en effet une application de plus en plus restrictive.
Ces deux arrêts de la Cour de cassation sont là pour en témoigner…
Cour de cassation chambre sociale 12 janvier 2011 ; 08-45280 : salarié toujours en poste dans l’entreprise.
Cour de cassation chambre sociale 23 mars 2011 ; 09-67211 : salarié n’ayant pas eu d’application de la clause de non concurrence et ayant retrouvé un poste similaire dans une entreprise concurrente.
A noter que la contrepartie de la clause de non concurrence après le départ du salarié a la nature juridique de salaire. Il y a lieu de verser les congés payés à hauteur de 10 % du montant de l’indemnité. La prescription concernant l’extinction des créances de salaires est de cinq ans. De nombreux salariés ayant respecté une clause de non concurrence et perçu l’indemnité de non concurrence sans les congés payés sur les cinq dernières années vont pouvoir donc pour exiger les congés payés non versés.(Cour de cassation chambre sociale 23 juin 2010 ; 08-70233)
